Et le fric, c'est pas chic!

Comment aurais-je pu imaginer que ma petite société de rien du tout pourrait gêner une grande multinationale américaine?

Il y a des gens pour qui la vie n'est qu'une ruée vers ce petit rectangle doré. Et ces gens sont prêts à tout pour en avoir toujours plus, en amasser toujours davantage. Et pas de quartier pour qui ose se mettre en travers de leur route...

Donc, les grands méchants de "Full metal pocket" (transposition imbécile du "full metal jacket" de Stanley Kubrick) voient d'un très mauvais oeil le succès du "frenchy" que je suis et de sa petite société agaçante!!!

En emportant un appel d'offre très important pour satisfaire les caprices titanesques et pharaoniques d'un grand ponte de l'informatique (1ère fortune mondiale), j'ai donc marché sur les plate-bandes de l'ogre américain qui voyait "ses" dollars passer de sa pocket dans la mienne...

Crime de lèse-majesté! Scandale financier sans précédent! En plus un étranger! Ils ont réagi très vite et ont monté ce complot avec l'aide de personnes placées exactement où il fallait...

On dira ce qu'on voudra sur les capacités, quelques peu ténues, de nos flics marseillais, mais au Mistral en tout cas, la corruption est rare et les corrompus ne font jamais de vieux os. Ici, rien à voir. Tout est à plus grande échelle.

Il leur a été facile de nous identifier, Lucas et moi, et d'imaginer coincer le fils pour se débarrasser du père!

Ecoutes téléphoniques, surveillances et filatures permanentes, ouverture du courrier, tout y est passé! Et je ne me suis rendu compte de rien. "Ils" ont analysé, enregistré, décortiqué tous nos faits et gestes et... sont passés à l'action.

Lors d'un grand rassemblement en faveur des droits de l'homme, l'opération a été lancée. Ils savaient que Lucas serait là pour filmer, il était mandaté par la "CNN" locale pour couvrir les évènements.

La mainfestation a dégénéré rapidement, des heurts se sont produits. Dès les premières bagarres, les brigades spéciales ont chargé et un petit groupe s'en est détaché pour fondre sur Lucas qui continuait de filmer, stupéfait, cette dizaine de fous furieux se ruant sur lui!

En fait, je sais tout ça grâce à Bernard et Gena qui ont offert le "café-donut règlementaire" à tout le commissariat. On a pu ainsi visionner le reportage de mon fils. Mais le résultat est là : Lucas est sorti de sa cellule contre quelques milliers de dollars (toujours eux!) de caution et avec sur le dos un arrrêté d'expulsion dans les 72 heures... si "2 4 U" continue son activité sur le sol américain...

Bref, le coucher de soleil à la Nouvelle-Orléans se transformait peu à peu en cauchemar...

Mais on a bossé comme des fous pendant 48 heures, on a rencontré les gens qu'il fallait, fait visionner le reportage de Lucas à des sénateurs qui n'en cherchaientt pas autant pour se faire un nom en dénonçant les pratiques douteuses de la haute finance. Et on a réussi à retourner la situation à notre avantage. Mais tout a été réglé dans l'ombre, sans bruit, en coulisse par des "amis" de chacun. Pas de poursuite, pas d'expulsion, pas de publicité tapageuse, pas d'accusation pour qui que ce soit. On règle ses affaires en famille et on dit merci!

Je m'en tirais à bon compte, le "méchant Goliath" avait fait passer le message qu'il voulait aux autres types qui, comme moi, auraient bien voulu se lancer sur le marché des "caprices des grands de ce monde"...

J'avais envie de mordre, de crier à l'injustice : j'avais prouvé ma bonne foi et démontré la malhonnêteté de mon concurrent mais tout le monde s'en fichait. Pas la peine de sortir l'attirail de la justice pour si peu!!!

Je commence à en avoir assez et je crois que je vais faire un petit voyage du côté du vieux port un de ces jours...

A bientôt...